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Chance ! En décembre 2018, j'arrive enfin à conclure un échange d'une semaine en Islande, afin d'y passer Noël en famille, de parcourir les magnifiques paysages du pays malgré 6 heures de clarté par jour, et d'espérer apercevoir pour la première fois des aurores boréales, étant donné qu'il y fait noir 80% de la journée à cette période de l'année.

Objectifs atteints partiellement, faudra repasser pour les aurores gamin ! Et oui, j'ai beau eu partir à la chasse plusieurs soirées, et bien j'en ai vu à crever des aurores, mais elles étaient toutes noires les coquines ! Bien qu'étant à Borgarnes, en territoire idéal et vraiment propice pour observer ce phénomène, que dalle dans le ciel !

Il faut savoir qu'il faut plusieurs critères pour avoir la chance de les observer :

  • Une activité solaire forte, dépendante des vents solaires. En résumé, si je ne raconte pas trop de bêtises, les vents solaires sont chargés en atomes d'azote, d'oxygène etc... qui rentrent dans l'atmosphère ainsi qu'en collision les unes avec les autres. Suivant les types d'atomes chargés positivement et entrant en contact, la couleur de l'aurore variera, souvent verte ou parfois violette. Des sites web vous indiquent, sur une échelle variant de 1 à 9, la probabilité d'observer une aurore dans la zone où vous vous trouvez. A partir de 4, il paraît que vous avez de grandes chances d'en apercevoir.
  • Un ciel dégagé, sans nuages (peu évident en Islande où il y a 6 jours de soleil par an).
  • Un noir total, et donc une pollution lumineuse faible (garantie en Islande puisqu'il n'y a que des bleds paumés peu éclairés), raison pour laquelle vous pouvez observer ce phénomène d'octobre à mars environ.

Malgré deux soirées avec un indice 4 et un ciel dégagé par moments, nous sommes passés à côté. Ce n'est pas faute d'avoir chercher mais il y a une chose que j'ignorais, gros bêta qui ne se renseigne pas assez ! Qui dit pollution lumineuse dit aussi absence de pleine lune ! Et malheureusement pour nous, la dernière semaine de l'année était synonyme de lune pleine... Faudra revenir pour les observer, ou bien se rendre en Laponie, au Canada ou dans le nord de la Norvège.

Cela étant, Borgarnes est un coin super sympa où nous nous sommes bien amusés, malgré une faible luminosité et l'impression d'être totalement décalés au niveau horaires. On a parfois déjeuné dans le noir total à 10h du matin en ayant l'impression qu'il était 5h. Et puis nous y avons découvert l'illumination des cimetières islandais à Noël : trop kitsch et génial ! J'ai presque envie de m'y faire enterrer. Ils m'ont rappelé la beauté et le cadre des superbes cimetières norvégiens en plein milieu de la nature, avec leurs églises en bois, dans lesquels il est possible de s'asseoir et discuter dans l'herbe au milieu des tombes. Là aussi, j'y mettrais bien 4 pieds sous terre, mais pas tout de suite si possible... Quand je vois l'austérité et le manque de charme de nos tristes et gris cimetières belges, comparés à la beauté des cimetières nordiques, je me dis quelque part que les morts y sont sans doute bien plus heureux que chez nous... D'ailleurs, le Valhalla et ses Valkyries m'ont toujours fait bien plus bander que le jardin d'Eden.

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Au nord de Borgarnes, nous sommes partis au travers des roches volcaniques, en road trip d'une journée, visiter la péninsule de Snaefellsness jusqu'au mont Kirkjufell. Nous avons parcouru beaucoup de kilomètres en voiture mais ce furent les plus beaux paysages rencontrés lors de ce séjour. L'Islande étant peu peuplée et la grande majorité de ses citoyens vivant sur la côte ouest, autour de Reykjavik, afin de bénéficier d'un climat tempéré dû au Gulf Stream, il faut savoir qu'il faut parcourir pas mal de bornes afin de visiter le pays. La visite en profondeur de la terre de glace est donc plus adaptée au road trip. Petite parenthèse, en évoquant le Gulf Stream : de nombreuses personnes pensent qu'il fait froid en Islande. A tort ! Nous y avons rencontré les mêmes températures qu'en Belgique, autour de zéro degré. Evidemment, si vous montez en altitude ou vers le centre dans les glaciers, le climat est tout autre, mais il reste vraiment tempéré le long des côtes.

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L'avantage des échanges de maisons, c'est que vos échangeurs vous filent de très bons tuyaux sur les choses à faire et voir à proximité. C'est ainsi que nous sommes allés nous promener autour du cratère Grabrok, où nous n'aurions jamais pensé mettre les pieds, et qui n'est, à tort, point mentionné dans le guides touristiques. Notre plus belle promenade lors de ce séjour, avec cette magnifique lumière rasante et orange du soleil, celui-ci ne s'élevant jamais haut en hiver, se levant et se couchant pratiquement en même temps.

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Il faut savoir que tout coûte atrocement cher en Islande. C'est de loin le pays le plus cher que nous avons visité jusqu'à présent. Le pays étant de plus en plus touristique (trop ?), même en hiver, nous en ressortons avec une impression d'arnaque. Tout y est hors de prix : nourriture, voiture, logement et excursions. S'il n'y avait eu l'économie du logement grâce à l'échange de maisons (parfois loué à 320€ la nuit sur AirBnb :-/ ), nous ne nous serions pas permis cet échange à cette période de l'année.

Notre petit extra du séjour, en sus de l'incontournable Lagon Bleu (dont le prix à 70€ l'entrée est également abusé) fut une balade en moto-neige sur le glacier Langjökull, ponctuée par une visite sous terre du glacier. Très cher, environ 150€ par personne, mais gratuit pour les enfants ! On se permet donc ce petit extra, en payant le prix de 2 pour 4 personnes, sans quoi nous aurions fait une croix dessus. Super souvenir pour nous tous ! Si je peux vous conseiller une excursion, n'hésitez pas, choisissez celle-là !

Au préalable, nous en avons aussi profité pour nous 'arrêter aux chutes d'eau de Hrnaufossar & Barnafoss.

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Si vous n'avez plus rien d'autre à faire, partez glander à Reykjavik. Sincèrement, Reykjavik nous a laissé un goût de trop peu et n'a rien des belles choses que l'on s'attend à voir lors de la visite d'une capitale (excepté le magnifique bâtiment de l'Harpa). Sinon, passez votre chemin !

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Second et dernier petit extra de notre voyage : le Lagon Bleu. Si vous vous rendez en Islande, c'est tout de même pour faire trempette dans ses sources thermales au milieu des volcans ! Il y en a d'autres dans des endroits bien plus paumés encore, mais le Lagon Bleu, même s'il est blindé de monde et que l'entrée y reste trop cher, constitue un incontournable. Allongés avec Brochette dans le silence de l'eau remplie de silice, la serrant de longues minutes dans mes bras, j'y suis presque rentré en communication avec Odin...

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Nous terminerons cette semaine par un dernier road trip de trop dans le Golden Circle : la visite de Geysir et de Gullfoss. Les deux lieux sont à voir mais très éloignés d'où nous étions, avec de nombreux kilomètres à parcourir, et beaucoup trop de touristes rencontrés.

PS : n'ayant pas toujours la possibilité d'utiliser mon appareil à cause de la météo rencontrée, les photos des aurores, de Gullfoss, de Geysir, de l'Harpa, du Lagon Bleu ou encore du mont Kirkjufell n'ont pas été prises par moi-même. Paix à mon âme, mais honnêteté artistique tout de même !